Pourghère - Le cas du Soudan

par Mohamed Eisa

 

Le Pourghère

Le pourghère est une plante mal connue au Soudan du point de vue agricole. Dans un laboratoire vétérinaire, une étude a été faite sur la toxicité du pourghère. Par conséquent des zones riches en pourghère ont été identifiées. Il est donc nécessaire de tester de façon générale le comportement agricole de la plante et de déterminer les conditions et les contraintes de la culture avant d’envisager un programme à plus grande échelle.

Abstract: Sudan

Along the river Nil at a length of around 500 km are many small agricultural scemes of 5 to 30 ha, which are irrigated by small precombustion chamber diesel engines of 8 to 12 HP. There are easily 6 motorpumps per km, which pump the water 2 to 5 m up to the near fields. The fields in a bigger distance to the river (about a km) are 10 to 20 m above the water level of the Nil.

In bigger irrgation screems of cooperatives, about 30 to 150 ha, the water is pumped out of the ground water at a depth of 100 to 120 m. Electric underwater pumps are used, which are driven by generator sets of 40 to 50 KVA.

Introduction

Le Soudan géographiquement très proche des pays producteurs de pétrole a tardé à développer des énergies renouvelables dans les secteurs de productions énergétiques.

Pourtant les crises pétrolières n’ont pas épargné le Soudan, actuellement la part du budget consacré à l’importation de pétrole constitue 75% des devises totales disponibles du pays. Des secteurs économiques importants ont été touchés par le coût trop élevé de l’énergie.

En conséquent le premier programme de transformation de la biomasse concernant l’utilisation des déchets agricoles a été lancé en 1982, à partir du coton. Depuis, dans le projet cotonnier de Gezira, le plus grand projet agricole du monde (un million d’hectares irrigués), la technologie de production de charbon de bois à partir de tiges de coton et de la coque d’arachide est largement appréciée.

Situation Générale

Il est important de signaler qu’il existe de petits champs agricoles de 5 à 30 hectares, sur 500 km tout le long du Nil. On utilise des motopompes diesel à préchambre de puissance de 8 à 12 C.V. et on peut facilement compter 6 motopompes/km. La hauteur d’eau varie de 2 à 5 m pour les champs les plus proches de la rivière et de 10 à 20 m pour les plus éloignés, à moins d’un km, selon le contour de la rivière. Dans les projets agricoles moyens (30 à 150 hectares irrigués, exploités par des coopératives), on obtient de l’eau à partir de la nappe phréatique à une profondeur de 100 à 120 m; on utilise des pompes immergées et des groupes électrogènes avec des moteurs beaucoup plus puissants de 40 à 50 KVA.

Pour les régions éloignées de la rivière du Nil, l’irrigation dépend de la pluie et il n’existe aucun projet irrigué à cause de la crainte de manquer de gazole en plaine saison agricole. La région de l’Ouest où il y a une forte population, 4 millions environ, dépend entièrement de la pluie. La désertification et la sécheresse progressive appellent à la création de projets agricoles irrigués par des motopompes où l’énergie doit être assurée par des ressources renouvelables localement existantes. Cette région est aussi la première productrice mondiale d’arachide mais souvent on a du mal à transporter la récolte car la porte maritime est à 2000 km. Le pourghère peut donner une solution convenable dans ce cas.

Action réalisée

Nous avons fait des essais agricoles exploratifs pour tester la possibilité d’établir une culture de pourghère au Soudan. On a planté un champ d’un hectare à Khartoum avec trois variétés de graines de pourghère venant du Bénin, de Madagascar et du Sénégal. Une parcelle par provenance géographique pour une dimension totale de 45 x 100 m et des écartements de semis 2 X 2 m a été établie. Les traitements étudiés sont:

A - semis direct, 3 graines par poquet disposées en triangle (1 pied/poquet)

B - semis en sacs plastique puis repiquage.

A1 - Le cycle d’irrigation était établi deux fois par semaine pour le premier mois et une fois par semaine pour les six mois suivants. Le type de terrain est léger, profond, bien drainé et les parcelles sont unitaires et homogènes. La germination difficile est attribuée à la dormance des graines et à la présence d’une cuticule dure. Elles sont gérminées à 100% après trois semaines et on a obtenu une hauteur de 1 m dans cinq mois.

A2 - D’autres essais ont été également faits à 400 km au Sud-Est de Khartoum, sous des pluies annuelles de 400 à 500 mm et dans une terre semi-aride. Le semis des graines a été réalisé pendant le dernier mois de la saison des pluies dans un site espacé de 100 m d’une culture de maïs et sorgho. La germination était à 80% et on a obtenu 0,35 m de hauteur en deux mois, mais la saison sèche était assez longue (8 mois) si bien que nous avons entièrement perdu le champ. Il faudrait refaire les essais précédents mais au début de la saison des pluies pour maintenir la température et l’humidité de sable le plus long possible.

In this situation the use of Jatropha oil as fuel for the irrigation pumps is very promising. First tests to grow Jatropha have been conducted.

B - Les derniers essais ont été faits sur semis de graines dans des sacs plastiques de 10 cm de profondeur remplis de sable propre et ensuite avec repiquage dans un sol sableux. Ces derniers essais ont pour but de valider la capacité antidesertification du pourghère. Les résultats ne sont pas encore communiqués.

Analyses chimiques et physiques

Quatre échantillons d’huiles de pourghère ont été analysés et comparés (teneur en phosphatide, phosphore, potassium, acide gras, indice de saponification, indice d’iode, le coefficient INS) selon leurs régions d’origine. Nous avons ensuite fait des essais de stockage pour étudier l’évolution de l’acidité pendant 6 mois afin de mettre au point des normes sur le degré de peroxyde pour l’huile de pourghère.

Conclusion

Selon les analyses chimiques et physiques précédentes nous avons

pu conclure que l’huile de pourghère doit être impérativement traitée avant l’usage technique. Le traitement nécessaire est dû aux teneurs assez élevées en phosphore qui par

conséquent rendent l’acidité encore élevée pendant le stockage. Les acides gras libres se forment très rapidement en présence d’eau et de phosphatides. L’expérience du Soudan va continuer dans les années qui viennent. W