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INSTITUT SUPERIEUR DE
FORMATION
ET DE RECYCLAGE,
(
I.S.F.R.)
B.P.
881 MORONI-COMORES Fax: (269)74-41-89, e-mail: isfr@snpt.km |
le cas du Jatropha curcas L. (Nom vernaculaire : M’ri mzungu ou M’sumu)
SAID OMAR SAID HASSANE
I.S.F.R./C.N.D.R.S
I
– INTRODUCTION
Aux Comores, il existe des plantes oléagineuses telles que le coco, le
pignon d’inde ou pourghère (jatropha curcas L.), l’aleurites moluccana, le
ricin (ricinus communis), le sésame et l’arachide.
Le coco, le sésame et l’arachide sont
cultivés pour la consommation locale. Le pourghère est planté pour son rôle
de tuteur pour le vanillier et de haie vive. Seuls le ricin et l’aleurites
moluccana poussent sauvagement. Les graines de pourghère, de ricin et
d’aleurites ne sont pas comestibles.
Les graines oléagineuse Comoriennes n’ont jamais fait l’objet
d’une étude. Seules quelques études sur le coco ont été effectuées dans
le cadre du « Projet cocotier » sans résultat probant.
Jusqu’alors ces graines pourrissent car elles ne trouvent pas une très grande
utilité.
II –UTILISATION
TRADITIONNELLE DU POURGHERE
Le pourghère est un arbuste qui occupe les surfaces cultivables là où
l’on cultive la vanille il sert de support du vanillier et haie de protection
des jardins et champs contre la divagation des animaux.
Quant aux graines elles sont pilées après décorticage, puis chauffées
à l’eau afin de récupérer l’huile après refroidissement et décantation.
Les graines sont utilisées comme purgatif et l’huile pour myalgie
(douleurs musculaires) et les dermatoses. Elles sont associées aux feuilles du
pourghère sèches, écrasées et additionnées à de lait de coco pour être
employées dans les traitements des fractures et des entorses.
Jadis, à la campagne l’huile de jatropha et
aleurites servait de combustible dans les foyers.
Le latex est utilisé dans le traitement des gingivites et des angines.
Il est aussi hémostatique.
Des études sur les oléagineux devraient être
effectuées afin de valoriser ces matières premières en abondance. Ainsi, la
maîtrise des procédés d’extraction et d’analyses physico-chimiques des
graines oléagineuses permettrait d’une part de transformer leurs huiles et
leurs dérivés en produit finis et semi-finis et d’autres part d’obtenir
des produits de très bonne qualité.
Un
projet sur la valorisation des plantes oléagineuses et plus particulièrement
le pourhgère pourrait être un des
alternatifs pour le développement agricoles des Comores.
III
– 1- AVANTAGES SOCIALES
La
récolte et la transformation des graines de pourghère fera partie des travaux
des femmes.
Les haies vives de pourghère permettront de
protéger les cultures contre la divagation des animaux et d’éviter les
conflits entre les agriculteurs et les éleveurs.
La vente des graines, de l’huile, du tourteau et savon à
base d’huile de pourghère sont des activités qui sont génératrice de
revenus pour le paysan en général et la femme en particulier.
III
– 3 -AVANTAGES AGRICOLES
La culture du pourghère permettra de reboiser les terres qui sont dégradées
par l’érosion
Cette plante s’adapte à toutes les terres et ne demande pas
d’intrants.
L’utilisation du tourteau comme engrais
organiques améliorera les récoltes. Il y a possibilité d’extraire des
pesticides naturels dans l’huile ou directement des graines. Cette plante peut
s’associer à d’autres cultures.
L’utilisation
de l’huile de jatropha comme substituant du gasoil dans des moteurs à préchambre
de combustion permettrait de résoudre en partie le problème d’énergie pour
la distillation des plantes aromatiques.
Des études pourraient être menées s’il y
a possibilité de l’utiliser dans les foyers à la place du pétrole lampante.
Il existe des groupes électrogènes et des
pompes à eau qui pourraient fonctionner avec cette huile.
La culture du pourghère sur des sols pauvres apportera de l’humus et
protégera les sols contre l’érosion
éolienne et hydrique.
L’utilisation des tourteaux comme engrais
organiques et des pesticides naturels permettront de réduire les importations
des engrais et pesticides chimiques. Lors de la combustion de cette huile, il ne
se dégage pas des oxydes métalliques.
Le latex du jatropha étant utilisé pour son effet hémostatique, des études
pourraient être menées pour extraire la substance active.
Des recherches peuvent être effectuer sur les
effets dermatologiques de savon et des cosmétiques à base d’huile de pourghère.
L’huile n’a pas des effets négatifs en
contact avec la peau de l’homme.
-Source de revenu pour les paysans et les
femmes par la vente des graines et des produits dérivés (huile, engrais…)
-Fabrication du savon et d’autres produits
cosmétiques à partir de la matière première locale
-Fertilisation des terres par des engrais
organiques
-Production de pesticides naturels
-Lutte anti-érosive des sols
-Possibilité d’utiliser l’huile de pourghère
comme carburant végétal pour la distillation des plantes aromatiques
-Réduction du déboisement par les
distillateurs des plantes aromatiques
-Recherches sur la valorisation des oléagineux
( aleurites moluccana, ricinus communis, jatropha curcas …)
La valorisation des oléagineux pourrait diversifier l’agriculture
comorienne et être une source de revenues, surtout pour les femmes en milieu
rural.
Les succès des produits naturels en
pharmacie, cosmétique et agriculture
pourraient donner un élan significatif à l’économie nationale. La
valorisation des huiles végétales, des tourteaux et des pesticides aurait un
impact socio-économique, agricole et écologique très important pour les
Comores.
La
réalisation d’un système de valorisation des oléagineux pourrait s’insérer
dans une politique de développement où il apparaîtrait les aspects suivants :
lutte contre la pauvreté, relance de l’industrie du savon, protection de
l’environnement et une nouvelle source d’énergie(carburant vert).
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modification 01.04.02